Le collège Catholique

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Le collège Catholique (ou collège Marcel Petiot).

Août 2018, sous un soleil de plomb, nous nous garons à l’écart de l’imposante bâtisse sous l’œil hagard d’un teckel enroué. Quelques mètres à pied, pas une âme qui vive, quelques véhicules qui ralentissent, et, enfin, nous nous tenons face à ce collège et sa chapelle.

A l’intérieur, seul le parquet semble vouloir rompre le silence assourdissant des lieux. De sombres escaliers  de longs couloirs aveugles, et enfin, les convoitées salles de cours. Les murs aux peintures écaillées portent encore les stigmates des tableaux noirs disparus. Des livres de classes sont posés sur les tables prêtes à recevoir leurs hypothétiques encriers. Des chaises au vernis rappé par des années de culottes courtes élimées nous invitent à une symphonie chimérique ; Le bruit des pages qui se tournent, le murmure des rossards de fond de classes, le grincement de la craie sur l’ardoise, la diction à la ponctuation exacerbée d’une abracadabrante dictée, puis, le tintement libérateur de la cloche annonçant la fin du cours et, par la même occasion de nos souvenirs fantasmés de ce temps retrouvé.

Quelques couloirs et escaliers plus loin, des appartements pompeusement décorés, dans lesquels devaient séjourner les pères enseignants ou autres ecclésiadministratiques, s’offrent à nous. Papiers peints et autres tentures côtoient cheminées et boiseries enluminées. Des journaux de plusieurs décennies tapissent les placards, des revues dont le poids des mots n’a d’égal que le choc des photos sont négligemment rangées avec les annuaires du département. Puis notre regard se pose sur un petit bout de papier caché dans l’ombre d’une porte de penderie bloquée. La feuille, collée par le temps, résiste : Une page de bandes dessinées ! Deux hypothèses à la présence de ces dessins aux scènes de pieux peu pieuses. Mais nous préférons faire le postulat qu’il s’agit d’un ouvrage confisqué à un collégien pubère en soif de savoir.

Béatitude. Au détour d’un énième couloir, la chapelle. Le temps s’arrête, nous aussi. Plus un mot, juste des échanges de regards. Comment vous décrire la magie de ce lieu sans le dénaturer. Aucunement la prétention d’en avoir la capacité, nous préférons ne même pas essayer : Juste quelques photos, et vous souhaiter de le découvrir un jour.

Notre exploration se poursuit quelques mètres plus bas, au cellier, ou plutôt devrions-nous dire la cave, au vu du nombre de bouteilles posées à même le sol ou empilées le long des murs. Si la présence des fûts indique que  la mise en bouteille se faisait en ce chai, le type de bouchon utilisé semble laisser penser que le liquide ainsi embouteillé n’était pas du vin de messe.

Ainsi s’achève notre visite, et très vite, nous réalisons à quel point ce lieu a été béni des dieux d’être resté un secret si bien préservé. Seuls les ravages du temps sont venus altérer les salles de cours, chambres et autres caves et lieu de cultes. Une ballade hors du temps,  3 heures de voyage que nous souhaitions partager.

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. sciuto dit :

    magnifique! Quelle chance d’avoir trouvé ce bijou! Merci pour le partage!

    1. UrbexLibris dit :

      Merci ! Oui la quête fut rude pour localiser ce college… Mais l’effort est plus que récompensé ors de l’entrée dans les lieux.

  2. Alex dit :

    Magnifique!!!

    1. UrbexLibris dit :

      Oui, un des plus impressionnant site que nous ayons visité ! Un plaisir de plusieurs heures à poser les yeux sur chaque recoin, chaque objet …

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