Le château d’Amour menaçant

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Le château d’Amour menaçant.

Juin 2019, les herbes hautes ne suffisent pas à masquer la façade de cette auguste et imposante bâtisse. Accompagné du chant des grillons et autres gryllidés nous avançons vers ce château à l’architecture curieuse.

Si d’accoutumé l’usure du temps semble être la carouble de ces lieux oubliés, il semblerait que cette fois, le dernier hôte ait eu la délicatesse de laisser la porte entrouverte.  Surpris, notre audacieuse couardise nous incite à contrôler de vive voix qu’aucune âme n’y loge avant de franchir le seuil : Le hurlement du silence sera notre seule réponse.

Nous entrons. La pièce est démesurée. A plusieurs mètres,  une silhouette spectrale nous lance un regard givrant. Figée au centre  de son tableau, cette frêle et virginale fillette, amphitryon de ce lieu,  accentue notre pusillanimité déjà fortement ébranlée. Prenant notre courage entre nos mains, nous quittons rapidement la pièce…

Outre notre rencontre avec la caboche d’un sus scrofa, dont on croisera plausiblement un de ses arpions plus tard, la visite se poursuit plus paisiblement. Pour autant, tel ce superbe escalier colimaçon menant aux couchages,  notre malaise ne cesse de s’élever. C’est donc avec la plus grande sagesse que tels deux intrépides explorateurs, nous prenons la sage décision de faire diligence, avant que ce mal-être se transforme en pâmoison.

Nous apprendrons quelques mois après notre visite que ce château, bien que délaissé et ouvert à tous, restait sous la surveillance d’une noble famille propriétaire du lieu. Il a donc été depuis refermé  afin de préserver la quiétude de l’endroit.

La notion d’abandon dans un pays où la propriété foncière est cadastrée au centimètre reste relativement contestable. Délaissé, oublié, déserté semblent être des termes, de fait, bien plus adaptés à qualifier les lieux visités en Urbex, et ce château d’Amour menaçant révèle à quel point ces notions restent  cependant encore toutes relatives…

Courage, fuyons !

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